L’électricité change : mieux comprendre les nouveaux tarifs et le compteur intelligent

Nouveau compteur, nouveaux tarifs, nouvelles règles… Si vous avez l’impression que tout change dans le secteur de l’électricité depuis le 1er janvier 2026, vous n’avez pas tort. Et si vous vous sentez un peu perdu·e face à tous ces changements, vous n’êtes pas seul·e.

La bonne nouvelle ? Ces évolutions peuvent vous permettre de reprendre la main sur votre facture. À condition de savoir comment vous y prendre.

Faisons le point ensemble.

 

Une tarification
totalement revue

 

Le tarif bi-horaire version 2026

Vous aviez pris l’habitude de lancer votre machine à lessiver le samedi matin pour profiter du tarif avantageux ? Il va falloir revoir vos habitudes.

Depuis le 1er janvier 2026, les tarifs jour-nuit ne fonctionnent plus comme avant. Le week-end n’est plus une période creuse. Désormais, 7 jours sur 7, l’électricité coûte moins cher :

  • De 11h à 17h (quand les panneaux solaires fonctionnent)
  • De 22h à 7h du matin (la nuit)

 

Les nouvelles formules

Outre la modification survenue ce 1er janvier dans la tarification bi-horaire, deux nouveaux tarifs complètent l’offre : le tarif dynamique (déjà disponible) et le tarif impact (à venir dans le courant de l’année 2026).

 

Le tarif impact

Le tarif impact comportera 5 plages horaires et 3 niveaux de prix différents :

  • Rouge (très cher) : 17h-22h
  • Orange (moyennement cher) : 7h-11h et 22h-1h
  • Vert (vraiment pas cher) : 1h-7h et 11h-17h.

Pour en profiter, il vous faudra obligatoirement un compteur communicant.

 

Le tarif dynamique

Le tarif dynamique, c’est un prix qui change tous les quarts d’heure en fonction du marché.

Certaines heures ensoleillées (comme le 22 juin 2025 par exemple), l’électricité peut même avoir un prix négatif : on vous paie pour consommer. Le prix peut varier entre -5 cents et +13 cents sur une même journée.

Mais attention : d’autres jours (comme le 22 octobre 2025), c’est l’inverse. L’électricité est plus chère que le tarif normal.

Par conséquent, si votre système est mal configuré ou que vous ne suivez pas vos consommations de près, vous risquez de payer beaucoup plus cher. Vous pourriez même devoir payer 8 cents par kWh pour réinjecter votre surplus sur le réseau !

Pour profiter de ce tarif impliquant une haute précision, le compteur communicant est obligatoire.

 

Pourquoi ces changements ?

Ces changements ne sont pas simples à assimiler mais ils poursuivent un objectif louable : nous inciter à consommer au bon moment. Quand l’électricité est bon marché, c’est qu’il y en a trop sur le réseau (souvent grâce au soleil ou au vent). L’idée, c’est de nous encourager à l’utiliser à ce moment-là plutôt qu’en soirée quand tout le monde rentre chez soi.

Certes, c’est un peu contraignant mais nous avons toutes et tous à y gagner.

 

Quel tarif
choisir ?

Par défaut, votre fournisseur a gardé le même tarif qu’avant. Mais est-ce toujours le bon choix ?

Dans un ménage classique, on consomme beaucoup le matin, moins la journée, puis on a une grosse pointe de consommation le soir quand on rentre pour cuisiner et regarder la télévision. Et la nuit, c’est de nouveau la période basse.

Forcément, c’est quand on consomme beaucoup que les prix sont les plus hauts.

Le choix du meilleur tarif dépend donc de la manière dont vous pouvez/voulez gérer ces plages horaires pour vos consommations :

 

🟨 Opter pour le tarif mono-horaire

Si vous consommez beaucoup le matin et le soir (le cas classique) et que vous n’avez pas l’envie ou pas la possibilité de chambouler vos habitudes, optez pour le tarif mono-horaire.

Ce tarif est encore plus indiqué pour vous si vous consommez surtout matin et soir et que vous avez des panneaux solaires : vous consommez beaucoup quand c’est cher et vous produisez quand ce n’est pas cher. Le bi-horaire n’est donc pas la bonne solution pour vous dans ce cas.

 

🟨 Opter pour le tarif bi-horaire

Si vous pouvez décaler vos consommations importantes l’après-midi ou la nuit, le tarif bi-horaire est un meilleur choix que le mono-horaire.

Pour y parvenir, vous pouvez programmer vos appareils pour qu’ils fonctionnent au moment voulu (lave-linge, lave-vaisselle, boiler, pompe à chaleur, …). Certains appareils sont directement équipés d’une fonction « départ différé ». Les autres peuvent être programmés à l’aide d’une prise intelligente.

 

🟨 Opter pour le tarif à impact (lorsqu’il sera disponible)

Si vous correspondez au profil bi-horaire (consommations importantes l’après-midi ou la nuit) et que vous disposez d’un compteur communicant, ce tarif sera fait pour vous.

 

🟨 Opter pour le tarif dynamique 

Si le suivi de vos consommations vous passionne et que vous êtes prêt·e à surveiller régulièrement votre installation pour la piloter finement, le tarif dynamique est votre ami.

Ce tarif aura surtout un intérêt si vous stockez l’électricité via une batterie… à condition que celle-ci soit bien configurée. Sinon, l’addition risque d’être salée.

Mais si vous n’avez pas envie de vous prendre la tête avec vos consommations, mieux vaut éviter ce tarif car comme nous l’avons vu, le manque de précision peut vous coûter fort cher.

 

Mieux comprendre le compteur communicant

Le changement de compteur en effraie plus d’un. Pourtant, ce compteur intelligent présente de nombreux avantages.

Apparu dès 2023, il devrait remplacer tous les anciens compteurs d’ici 2030. Mais vous pouvez demander son installation dès maintenant.

 

Ses avantages

Le suivi en ligne de vos consommations

Le compteur communicant vous donne accès à My Ores (ou My Resa selon votre gestionnaire de réseau) pour suivre le détail de vos consommations.

Inscrivez-vous en ligne avec votre carte d’identité électronique ou itsme. C’est gratuit. Une fois activé, vous pourrez consulter vos consommations tous les quarts d’heure. C’est pratique pour repérer un appareil qui tourne à 2h du matin alors qu’il ne devrait pas, ou pour voir quand vos panneaux produisent plus que ce que vous consommez.

L’accès aux nouveaux tarifs

Comme nous l’avons vu ci-dessus, le compteur communicant est indispensable pour profiter des tarifs dynamique ou impact qui arrivent bientôt.

La possibilité de ne plus payer le tarif prosumer

Si vous avez des panneaux solaires, vous payez un tarif prosumer qui considère que vous autoconsommez 37% de votre production. C’est pour cette utilisation du réseau (vous injectez de l’électricité quand vous produisez trop et vous consommez gratuitement quand vous ne produisez plus) que vous avez cette surfacturation.

Avec un compteur communicant, vous pouvez choisir de ne plus payer ce tarif forfaitaire. C’est intéressant si vous autoconsommez plus de 37% (grâce à une batterie, des prises intelligentes, un boiler programmé…).

Soyez rassurés, il y a un principe de protection : Même si vous vous trompez dans votre calcul, vous ne paierez jamais plus que le tarif prosumer classique.

Notez que si vous n’avez pas envie d’essayer d’améliorer votre autoconsommation, ça ne sert à rien. Avec une consommation classique, vous serez toujours en dessous de 37% d’autoconsommation.

La demande se fait sur My Ores. Ne trainez pas trop si vous souhaitez en profiter puisque le 1er janvier 2030, le compteur ne tournera plus à l’envers et le tarif prosumer s’arrêtera aussi.

 

La solution au décrochage des onduleurs

Avant, Ores disposait uniquement des cabines haute tension installées dans chaque quartier pour obtenir des informations sur le réseau. Il y a parfois 50 ou 100 compteurs derrière chaque cabine, et le gestionnaire de réseau ne savait jamais trop ce qui se passait au-delà de cette cabine.

Ce n’était pas trop problématique quand tout le monde consommait plus ou moins pareil. Mais maintenant, avec les panneaux solaires et les bornes de recharge de voiture, les choses deviennent beaucoup plus compliquées. Ça crée des problèmes de surtensions sur le réseau et le décrochage des onduleurs.

Les compteurs communicants permettent à Ores de voir qu’il y a un problème de tension et de régler le transformateur pour que tout fonctionne correctement. Ou encore de rééquilibrer les phases quand il y a des déséquilibres de charge. Le tout, sans investissement supplémentaire, juste grâce aux données recueillies.

C’est évidemment appréciable pour tous les propriétaires de panneaux PV.

 

Le partage d’énergie entre voisins

Le compteur communicant offre une opportunité supplémentaire :  la possibilité de partager son électricité avec ses voisins.

Pour le moment, ce n’est vraiment intéressant que pour les immeubles à appartements. L’idée, c’est de mettre des panneaux solaires sur le toit pour tout le monde et de partager la production avec les habitants. Grâce à ce système, les frais de distribution (qui composent un tiers de votre facture) sont réduits de 80%.

Il est probable que ces mécanismes de partage de l’électricité se développent de plus en plus et qu’à terme, vous puissiez vendre votre surproduction d’électricité à vos voisins.

 

Votre compteur tourne à l’envers ?

Pas d’inquiétude à sujet : votre nouveau compteur communicant simulera mathématiquement votre ancien « compteur qui tourne à l’envers » si vous avez des panneaux solaires. Au niveau de votre facture, il n’y aura donc pas de changement.

 

Deux conseils pour terminer

💡 Faites activer le port P1 de votre compteur communicant

C’est gratuit si c’est fait lors de l’installation mais payant après. Certains installateurs le font d’office, d’autres non alors mieux vaut le demander explicitement.

Par la suite, si vous souhaitez suivre plus finement vos consommations grâce à un dongle wifi, votre compteur sera prêt à l’accueillir.

 

💡 Choisissez le bon moment

Ne changez jamais de compteur (ou de fournisseur) fin d’été si vous avez des panneaux photovoltaïques.

En effet, si vous avez produit trop et que vous n’avez pas consommé tout ce que vous avez produit en trop, vous allez perdre votre surproduction quand vous allez changer de compteur ou de fournisseur. Alors attendez la fin de l’hiver, plutôt que la fin de l’été, pour procéder au changement.

Cet article a été rédigé par Sophie, suite aux conférences données par David en collaboration avec le GAL du Pays de Herve : L’énergie change en 2026, quel impact pour vous ?